Rencontre avec Anita Henry, créatrice de Besoin de Japon

Dans la continuité de nos précédents articles sur ceux qui font le Japon à Toulouse, nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur Anita Henry, spécialiste du kimono et de la culture japonaise. Nous tenons à la remercier pour sa disponibilité et pour cet échange riche autour de la culture japonaise et son parcours.

Occitanie Japon : Bonjour Anita, peux-tu te présenter aux lecteurs d’Occitanie Japon ?

Je m’appelle Anita, de mon nom français Henry. Je suis née Tchécoslovaquie et je suis venue en France pour apprendre le japonais et la civilisation japonaise à l’INALCO, à Paris. Grace au diplôme obtenu, j’ai pu intégré une entreprise japonaise dans laquelle je suis restée 11 ans. C’est en suivant mon mari dans ses déplacements professionnels que je me suis retrouvée à Toulouse.

Occitanie Japon : Comment t’es venue cette passion pour le Japon ?

Je pense que cela vient de mon enfance. J’ai grandi en Tchécoslovaquie durant la période du communisme. A l’époque, on ne pouvait pas voyager. Alors j’ai voyagé avec le doigt sur une carte. Le plus loin, sur une mappe monde, pour moi était le Japon. J’étais, alors en primaire et petit à petit à travers le peu de livres accessibles sur ce pays si lointain, j’ai commencé à m’intéresser à cette culture. En 1989, la chute du mur de Berlin m’a permis de pouvoir voyager. J’ai quitté mon pays pour la France, j’ai appris la langue française, passé un bac français pour pouvoir aller à l’université.

Par le biais de cette passion, j’ai pu découvrir des points communs à travers les livres, mes études, mes expériences professionnelles entre le Japon et la Tchécoslovaquie.

Ayant grandi sous la période communiste, comme le nom l’indique, c’est « être en commun », où la communauté prévaut sur l’individu. Ce que j’ai ressenti pendant les 11 ans où j’ai travaillé dans cette entreprise japonaise présente en France depuis les années 70. Je me sentais plus proche des salariés japonais que des salariés français. J’appréciais de travailler avec mes collègues japonais pour qui ce sentiment de « être en commun, travailler en commun » était plus important que l’individualisme de notre société française.

Occitanie Japon :Tu proposes des activités autour du Japon sur Toulouse, peux-tu nous en dire un peu plus ?

A Toulouse, mes activités se sont orientées surtout vers la culture. J’organise régulièrement des événements avec le Musée Georges-Labit de Toulouse : présentation de contes japonais, atelier kitsuke ( art du port du kimono). Je présente des conférences sur le Japon et organise également des colloques pour l’Académie Toulousaine des Arts et Civilisations d’Orient (ATAO) ce qui donne l’occasion de faire intervenir de grands spécialistes du Japon comme Christian Galan, Mélanie Hours, Yves Cadot ou encore Michael Lucken, Emmanuel Lozerant d’INALCO Paris

Occitanie Japon : Peux-tu nous parler de tes futurs projets ou événements ?

2020 va être une année assez chargée pour moi. En avril, je donne une conférence en japonais sur le kimono et ma passion pour le Japon, le 4 avril à Shizuoka. Avec Corinne Dechelette et Eric Despierre nous allons proposer une exposition en commun sur l’art du kimono, l’art de l’origami et le Haïku. Enfin, cet automne, du 18 septembre au 31 décembre, j’aurais deux expositions de kimono, à Revel, au Musée du Bois, l’exposition : « Une promenade dans le bois » et à Saint Férreol au Musée de canal du Midi, l’exposition « Au bord de l’eau ».

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Crédit photo Tony MYWAVE.