La France et le Japon confirment leur volonté de collaborer sur la question du covid-19

Le Premier Ministre japonais Yoshihide Suga et le Président de la République Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone lundi 5 octobre. Au cours de cet échange, les deux leaders ont affirmé leur volonté de collaborer ensemble sur plusieurs thématiques dont la question du COVID-19.

Le Premier Ministre japonais a notamment rappelé au Président français qu’il souhaitait renforcer les relations entre les deux pays. Ce partenariat renforcé portera notamment sur la gestion de la zone Indopacifique, où l’influence de la Chine grandit. Les deux parties souhaitent que cette zone restent ouverte et libre.

La question de la Corée du Nord a également été évoquée, ainsi que des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo.

Cet entretien téléphonique vient donc confirmer la volonté des deux pays d’intensifier leurs relations. Une rencontre entre les ministres des Affaires Etrangères du Japon et de la France a eu lieu la semaine dernière. Les premiers échanges avaient déjà porté sur ces différentes questions.

La France et le Japon vont coopérer autour de la sécurité maritime et du Covid-19

Le ministre des Affaires Etrangères japonais Toshimitsu Motegi est en Europe du 30 septembre au 2 octobre. Il a rencontré hier son homologue français Jean-Yves Le Drian. A la suite de cette rencontre, les deux parties ont convenue qu’il fallait que les relations entre les deux pays se renforcent en réponse à la crise sanitaire mondiale et la sécurité maritime dans la zone indopacifique. Les ministres ont également confirmé leur volonté d’une coopération étroite dans les activités de surveillance en mer pour empêcher les navires nord-coréens d’effectuer des transferts illicites de fret de navire à navire pour échapper aux sanctions de l’ONU.

Le Japon et la France, qui ont des territoires d’outre-mer dans les océans Indien et Pacifique, ont renforcé leurs liens sur la sécurité, en menant des exercices militaires conjoints en mer et en ayant régulièrement des échanges entre ministres des Affaires Etrangères et de la Défense.

Toshimitsu Motegi a également évoqué avec des ministres européens la question des enlèvements de ressortissants japonais par la Corée du Nord et leur a demandé leur soutien sur cette problématique.

Il a également rencontré Audrey Azoulay, Directrice de l’UNESCO. Leurs échanges ont porté sur la réforme de l’UNESCO, mais aussi sur la requête adressée par la Corée du Sud de supprimer les “Sites of Japan’s Meiji Industrial Revolution: Iron and Steel, Shipbuilding and Coal Mining” de l’Héritage mondial en reconnaissant la souffrance des Coréens qui ont été forcés à y travailler durant la Deuxième Guerre Mondiale. Le Japon a jugé cette demande inacceptable.

Ce déplacement en France de Toshimitsu Motegi est le premier à l’étranger depuis la nomination du nouveau Premier Ministre japonais Yoshihide Suga. Après ce séjour en France, le ministre des Affaires Etrangères japonais doit continuer son voyage en Arabie Saoudite et au Koweit.

Vers une réouverture des frontières japonaises à Singapour ?

Le ministres des Affaires Étrangères japonais Toshimitsu Motegi a rencontré son homologue singapourien pour entamer des discussions pour assouplir l’entrée des ressortissants de Singapour au Japon.

Pour rappel, le Japon a fermé ses frontières à 146 pays mais a entamé depuis fin juillet des discussions avec 12 pays asiatiques pour leur permettre de pouvoir entrer à nouveau dans l’archipel nippon.

Les deux ministres ont ainsi évoqué les modalités de réouverture réciproque des frontières entre les deux pays. Il a également été question de coopération dans la lutte contre le coronavirus en Asie et la création d’un centre pour les maladies émergentes et les urgences de santé publique au sein de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est). Le Premier Ministre japonais Shinzo Abe avait déjà ce point lors d’une réunion avec des pays membres de l’organisation en avril dernier. Pour rappel, l’ASEAN regroupe Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, le Myanmar, la Malaisie, Les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

Sur le plan diplomatique, le Japon est en ce moment sur tous les fronts. Après s’être rendu en Angleterre la semaine dernière, le ministre des Affaires Étrangères doit se rendre en Malaisie pour rencontrer le ministre du Commerce et de l’Industrie, en Papouasie Nouvelle-Guinée, au Cambodge, au Laos et au Myanmar.

La Corée du Sud demande le retrait de sites japonais de la liste du patrimoine mondial de l’unesco

Le torchon continue de bruler entre le Japon et la Corée du Sud. La Corée du Sud va formuler une demande auprès de l’UNESCO dans laquelle elle va demander le retrait de sites historiques japonais en lien avec la révolution industrielle de la liste du Patrimoine mondial. Le gouvernement sud-coréen reproche à Tokyo de ne pas mentionner à l’occasion d’une exposition sur des sites industriels japonais que des Coréens y ont été forcés à y travailler durant la Seconde Guerre Mondiale alors que le gouvernement japonais avait pris des engagements en ce sens.

La demande de retrait de ces sites a été effectuée par le ministre de la Culture, du Sport et du Tourisme coréen auprès des Nations Unies. L’île de Hashima dans la Préfecture de Nagasaki fait partie des sites « polémiques » qui sont au nombre de 23 répartie sur 8 préfectures et regroupés sous le nom de « Sites of Japan’s Meiji Industrial Revolution: Iron and Steel, Shipbuilding and Coal Mining » . De nombreux Coréens y auraient travaillé sous la contrainte dans des conditions très difficiles.

Le ministre des Affaires Étrangères coréen a également dénoncé une « déformation de faits historiques » dans cette exposition. L’exposition qui a mis le feu au poudre entre les deux pays avait été inaugurée fin mars et finalement ouverte au public que la semaine dernière en raison de la crise sanitaire.

L’exposition baptisée “Sites of Japan’s Meiji Industrial Revolution” qui a mis le feu au poudre entre les deux pays avait été inaugurée fin mars et finalement ouverte au public que la semaine dernière en raison de la crise sanitaire. Elle évoque le travail des travailleur sud-coréens et des témoignages de Sud-Coréens mentionnant que ces travailleurs n’avaient pas subis de mauvais traitements, ce qui a déclenché la polémique auprès du gouvernement sud-coréen.

Du coté du gouvernement japonais, celui-ci a indiqué ne pas avoir reçu de plaintes de la Corée du Sud et qu’il continuerait à traiter cette question de manière appropriée. « Nous avons pris des mesures, y compris ce que nous avons promis, tout en prenant au sérieux la résolution et les recommandations du Comité du patrimoine mondial » a indiqué le porte-parole du gouvernement nippon.

L’UNESCO a invité les deux parties à échanger pour trouver un terrain d’entente.