Japon – Un conseiller du Premier ministre relance l’idée d’un revenu universel de base

Alors que la pandémie continue de progresser au Japon et que la crise économique fait rage, l’idée d’un revenu universel a refait surface au Japon par l’intermédiaire de Heizo Takenaka, conseiller en économie du Premier ministre Yoshihide Suga.

Cette idée d’aide aux plus faibles revenus avait déjà été évoquée à plusieurs reprises sans pour autant susciter d’engouement. L’idée émanant d’un membre de l’administration Suga, cette fois-ci, l’intérêt est plus important. Lors d’une interview, le conseiller du Premier ministre a proposé qu’il soit versé une somme de 70 000 yens (551€) en cash chaque mois à chaque citoyen dans le cadre du programme de revenu de base et qui serait financé en réaffectant une partie du budget public des pensions et de l’aide sociale. Désignant cette aide comme un « filet de sécurité », il a indiqué que cette aide pourrait stimuler l’entreprenariat et soutenir ceux qui ont perdu leur emploi suite à la transformation numérique.

Une étude a démontré que le versement de cette aide mensuelle aurait un faible impact sur les finances de l’état car elle serait financée par des dépenses de sécurité sociale qui à terme ne seraient plus utiles. Heizo Takenaka espère que cette aide pourra être mise en place d’ici quatre ou cinq ans. La situation sanitaire actuelle n’étant pas favorable à la tenue de débats sur cette question. Il a indiqué avoir soumis l’idée au Premier ministre japonais.

Du coté de certains économistes, cette idée est accueillie favorablement. Tomohiro Inoue, professeur agrégé de macroéconomie à l’Université Komazawa de Tokyo, estime que le revenu de base universel pourrait devenir nécessaire pour remédier aux disparités économiques croissantes à mesure que l’intelligence artificielle progresse et que les emplois deviennent plus orientés vers le numérique — une tendance accélérée par la pandémie.

Toutefois, malgré l’influence de Heizo Takenaka sur l’élaboration des politiques économiques de Suga, les économistes et les experts en protection sociale affirment qu’il est peu probable que le public japonais accepte une proposition qui entraînerait une baisse des programmes existants de protection sociale. Keiji Kanda, économiste principal à l’Institut de recherche De Daiwa, dit qu’il est impératif pour le gouvernement de réformer ses régimes de retraite et d’autres systèmes de sécurité sociale existants de manière significative s’il veut introduire un revenu de base.« Mais il ne sera pas facile d’acquérir la compréhension du public et, sans une telle réforme, le gouvernement devra introduire des augmentations massives d’impôts », a déclaré M. Kanda.

Enfin, la mise en place de cette aide coûterait au gouvernement plus de 100 milliards de yens par an, ce qui représente plus de 80 % du budget de la sécurité sociale, qui comprend l’aide sociale et les prestations de retraite publiques, pour un budget global de 121 milliards de yens au cours de l’exercice 2018.

“But gaining the understanding of the public will not be easy and, without such reform, the government will need to introduce massive tax increases,” Kanda said.

There is also the question of whether the public would accept the cost of a program that doesn’t pay out enough to meet basic needs.

Based on what he has seen of the public’s reaction so far, Komazawa University’s Inoue said it would take a long time before progress can be made in discussions on the feasibility of the basic income in Japan.

A program that pays ¥70,000 a month would cost the government more than ¥100 trillion annually, accounting for more than 80% of social security costs, such as welfare and public pension benefits, totaling about ¥121 trillion in fiscal 2018, according to the latest available government data.

Karin Amamiya, a writer and antipoverty activist, says ¥70,000 is not enough to support people living in poverty, and that the government’s foremost task in helping low-income citizens is to strengthen the social safety net.

“There are some who can’t work but need nursing care and medical services,” she said. “(Takenaka’s proposal) lacks consideration for such people.”

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