La jeunesse japonaise face au pessimisme : un constat alarmant selon une étude de la Nippon Foundation
Une nouvelle étude internationale met en lumière un profond sentiment de désenchantement chez les jeunes Japonais. Comparés à leurs pairs de cinq autres grandes nations, les jeunes du pays du Soleil-Levant affichent les attentes les plus basses concernant leur avenir personnel et celui de leur pays.
Un manque de confiance en l’avenir national
L’enquête menée par la Nippon Foundation auprès de jeunes de 17 à 19 ans (au Japon, aux USA, en Chine, en Corée du Sud, au Royaume-Uni et en Inde) révèle un fossé béant. Seulement 16 % des répondants japonais croient que l’avenir de leur pays va s’améliorer.
C’est le taux le plus bas du panel. À titre de comparaison, l’Inde et la Chine caracolent en tête avec respectivement 62 % et 55 % d’optimisme. Même la Corée du Sud (23,5 %), les États-Unis (30,8 %) et le Royaume-Uni (34 %) affichent une confiance nettement supérieure à celle du Japon.
Des rêves en berne et un sentiment d’inutilité
Ce pessimisme ne s’arrête pas aux frontières de l’État ; il touche l’intime. Seuls 62 % des jeunes Japonais déclarent avoir un rêve pour leur futur, soit 24 points de moins que les jeunes Indiens (86 %).
L’étude souligne également des scores historiquement bas sur des questions liées à l’épanouissement personnel et social. Les jeunes Japonais sont les moins nombreux à affirmer :
- « J’ai quelque chose qui me passionne (études, travail, loisirs). »
- « Je me sens utile aux autres. »
Un désintérêt marqué pour les études et la carrière
Ce manque de perspective impacte directement le rapport à l’éducation et à l’emploi. Alors que dans les autres pays, seulement 2 % des jeunes disent n’avoir aucune motivation particulière pour étudier, ils sont près de 20 % au Japon à partager ce sentiment de vacuité.
Le même phénomène s’observe pour le choix d’un métier ou les aspirations professionnelles : une proportion significative de répondants japonais répond n’avoir « aucune préférence particulière ». Par ailleurs, les jeunes Japonais sont plus nombreux à penser que leur nationalité, leur genre, leur orientation sexuelle ou un handicap sont des freins réels à leur réussite sociale.
Famille et démographie : les défis de l’Asie de l’Est
Le Japon enregistre aussi le plus faible désir de mariage et de parentalité (59 %), suivi de près par la Chine et la Corée du Sud. Pour ces trois pays d’Asie de l’Est, le déclin démographique et le vieillissement de la population sont perçus comme les défis les plus pressants.




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